Oui, il existe bien des sommes qui restent à votre charge sur les soins, même quand vous êtes bien remboursé. On les appelle la franchise médicale et la participation forfaitaire. Ce sont de petits montants prélevés sur chaque remboursement, sans que vous ayez à les payer au guichet. Voici comment ça marche, ce que ça coûte vraiment et ce que votre mutuelle ne couvre pas.
💶 L’essentiel en un coup d’oeil
Je le dis simplement : deux retenues s’appliquent sur vos soins. La franchise médicale touche les médicaments, les actes paramédicaux et les transports. La participation forfaitaire concerne les consultations chez le médecin, les analyses et la radiologie. Chacune est plafonnée à 50 euros par an. Et point important : votre mutuelle ne peut pas les rembourser, sauf rares exceptions.
Que couvre l’assurance maladie en termes de remboursement ?
L’Assurance maladie rembourse une partie de vos dépenses de santé, sur la base d’un tarif de référence. Pour une consultation chez le médecin traitant, elle prend en charge 70 % du tarif conventionné. Le reste, c’est le ticket modérateur, souvent couvert par votre complémentaire santé.
Mais le ticket modérateur n’est pas la seule somme qui reste de votre poche. Sur de nombreux soins, deux retenues forfaitaires viennent s’ajouter. Elles sont prélevées automatiquement sur vos remboursements, ce qui les rend faciles à oublier. C’est précisément ce mécanisme que beaucoup de gens découvrent en lisant leur relevé.
Bon à comprendre dès le départ : ces deux retenues ne sont jamais demandées en espèces. Elles sont déduites de vos remboursements suivants. Si vous êtes en tiers payant, l’Assurance maladie les récupère ensuite sur un autre remboursement.
Comment fonctionne la franchise médicale ?

La franchise médicale s’applique sur trois catégories de soins. Sur les boîtes de médicaments, sur les actes des auxiliaires médicaux comme les kinés ou les infirmiers, et sur les transports sanitaires. Les montants sont fixes et figurent dans les barèmes de l’Assurance maladie.
| Type de soin | Montant de la franchise | Plafond journalier |
|---|---|---|
| Boîte de médicament | 1 euro par boîte | Pas de plafond par jour |
| Acte paramédical (kiné, infirmier) | 0,50 euro par acte | 2 euros par jour |
| Transport sanitaire | 4 euros par trajet | 8 euros par jour |
| Total annuel | Plafonné à 50 euros | Par personne et par an |
Pour éviter que la note ne grimpe, des plafonds existent. La franchise est limitée à 2 euros par jour pour les actes paramédicaux et à 8 euros par jour pour les transports. Au total sur l’année, elle ne peut pas dépasser 50 euros par personne.
🔎 Le saviez-vous ?
Depuis 2024, les montants ont doublé. La franchise sur une boîte de médicament est passée de 0,50 euro à 1 euro, et la participation forfaitaire de 1 euro à 2 euros. Les deux plafonds annuels, eux, restent à 50 euros chacun.
Quelles sont les exceptions à ces règles ?
Tout le monde n’est pas concerné par ces retenues. Les enfants et les jeunes de moins de 18 ans en sont exonérés. C’est aussi le cas des femmes enceintes à partir du sixième mois de grossesse et jusqu’au douzième jour après l’accouchement.
Les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire échappent également à ces sommes. Idem pour les personnes prises en charge au titre d’une affection de longue durée pour certains soins liés. Ces exonérations évitent de pénaliser les publics les plus fragiles ou les plus exposés aux soins.
✅ Les bons côtés du système
- Montants plafonnés à 50 euros par an
- Exonération pour les moins de 18 ans
- Prélèvement automatique, rien à avancer
⚠️ Les réserves
- Impossible à faire rembourser par la mutuelle
- Montants doublés depuis 2024
- Faciles à oublier car déduits discrètement
Mon avis : ces forfaits restent modestes pris isolément. Sur une année chargée en soins, ils atteignent vite le plafond, alors autant le savoir.
Comment optimiser vos démarches avec votre mutuelle ?

Première chose à savoir : votre mutuelle ne peut pas rembourser la franchise médicale ni la participation forfaitaire. Les contrats dits responsables, qui représentent la grande majorité du marché, ont l’interdiction de les prendre en charge. C’est une règle voulue par les pouvoirs publics pour responsabiliser les assurés.
En revanche, une bonne mutuelle couvre le reste à charge classique. Le ticket modérateur, les dépassements d’honoraires, les soins dentaires, l’optique. Comparer les garanties sur ces postes là est bien plus utile que d’espérer un remboursement des forfaits, qui n’arrivera pas.
📌 Mon expérience
L’an dernier, après une série de séances de kiné pour un genou, j’ai vu apparaître des retenues de 0,50 euro sur plusieurs remboursements. Au début, j’ai cru à une erreur. En fait, c’était la franchise médicale sur les actes paramédicaux, parfaitement normale. La leçon : lisez vos relevés de l’Assurance maladie, ils expliquent ligne par ligne ce qui a été déduit.
Quel est le rôle de votre médecin dans ce processus ?
Votre médecin traitant est la clé du parcours de soins coordonné. En passant par lui avant de consulter un spécialiste, vous gardez le meilleur taux de remboursement. Sortir de ce parcours fait chuter la prise en charge, ce qui augmente votre reste à charge.
Le médecin n’a aucun rôle dans le prélèvement des forfaits, qui est automatique. Mais ses prescriptions influencent leur montant. Moins de boîtes de médicaments prescrites, c’est mécaniquement moins de franchise. D’où l’intérêt d’un dialogue franc sur ce qui est vraiment nécessaire.
🚫 Idée reçue
Beaucoup pensent qu’une bonne mutuelle rembourse tout, y compris la franchise et la participation forfaitaire. C’est faux. Les contrats responsables ont l’interdiction légale de les couvrir. Vous garderez toujours ces sommes à votre charge, quelle que soit la qualité de votre complémentaire.
Quels frais ne sont pas pris en charge par l’assurance maladie ?

Au-delà des forfaits, plusieurs frais restent hors du champ de l’Assurance maladie. Les dépassements d’honoraires pratiqués par certains médecins de secteur 2. Une grande partie des soins dentaires complexes et de l’optique. Les médecines douces comme l’ostéopathie, qui ne figurent pas dans la nomenclature remboursable.
Il y a aussi le forfait journalier hospitalier, dû pour chaque jour passé à l’hôpital. Il s’élève à 20 euros par jour en hôpital ou clinique. Là encore, c’est votre complémentaire santé qui peut le prendre en charge, contrairement aux franchises.
Selon vos soins, d’autres questions de remboursement méritent un détour. Pour un suivi en santé mentale, le sujet du remboursement du psychiatre obéit à des règles précises de parcours de soins. Si vous consultez en médecine douce, le cas de l’acupuncture et son remboursement illustre bien ce que la Sécu laisse à la mutuelle. Et pour le reste à charge classique, choisir une complémentaire santé adaptée change vraiment la facture finale.
Comment maximiser votre couverture santé en France ?
Le bon réflexe consiste à empiler les protections au bon endroit. La Sécurité sociale pour la base, la mutuelle pour le reste à charge, et une vigilance personnelle sur les forfaits non remboursables. Connaître la limite de 50 euros par an aide déjà à relativiser le poids de ces retenues.
Au fond, bien se couvrir, c’est surtout choisir une mutuelle adaptée à vos besoins réels. Inutile de surpayer des garanties dont vous ne vous servez jamais. Mieux vaut cibler les postes où votre reste à charge est élevé, dentaire ou optique en tête.
Questions fréquentes sur les franchises et les remboursements
Quel est le montant de la franchise sur une boîte de médicament ?
Depuis 2024, la franchise médicale est de 1 euro par boîte de médicament. Elle est déduite de vos remboursements et non payée en pharmacie. Le total des franchises est plafonné à 50 euros par an.
Ma mutuelle peut-elle rembourser la participation forfaitaire de 2 euros ?
Non. Les contrats responsables, qui couvrent la grande majorité des assurés, ont l’interdiction de rembourser la participation forfaitaire et la franchise médicale. Ces sommes restent à votre charge.
Qui est exonéré de la franchise médicale ?
Les moins de 18 ans, les femmes enceintes à partir du sixième mois et jusqu’au douzième jour après l’accouchement, ainsi que les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire ne paient pas la franchise médicale.
Sources ayant inspiré et nourri cet article :